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La Guinée esquisse historique et géographique

Moussa KANTE

Dès 1264 les navires dieppois[1] qui découvrirent la côte des graines firent escale en Guinée et fondèrent des comptoirs. La Guinée est en effet la région des «Rivière du Sud ».

C’est au 19ème siècle qu’elle devient une zone particulièrement importante aux yeux des explorateurs qui commençaient à s’y aventurer. Les « Rivières du Sud » offraient déjà pour l’époque, de merveilleuses voies de pénétrations.

Visité par Nuno Tristao et Fernandez en 1447, le Nunez fut particulièrement fréquenté. Il deviendra le point de départ de plusieurs explorateurs. René CAILLE (1827), LAMBERT, BAYOL et Olivier De SANDERVAL en firent une base pour rayonner vers l’intérieur des terres. Tôt, les explorateurs français établir l’influence de la France sur le Foutah–Djallon au détriment des explorateurs venus de l’arrière pays communément appelés les Hinterlands. Le Fouta-Djalon est le plus important massif de l’Ouest africain. Il est aussi le père des grands fleuves de la sous région, il a engendré des rivières qui, en tombant en deux ou trois bonds vers la mer ont donné naissance à la Gambie, au Sénégal, et au prestigieux Niger ou le Djoliba des guinéens.

Les « Rivières du Sud » furent érigées en colonie dès 1882. Placée sous la dépendance du Sénégal, un lieutenant gouverneur y fut détaché avec des commandants de cercle au Rio Nunez, au Rio Pongo et dans la mellacoré. Le budget de la jeune colonie atteignait à peine 180 000 francs. En 8 ans les administrateurs français affectés à la colonie finirent par évincer Allemands, Anglais et Portugais.

En 1891, lors de la réorganisation des colonies, la Guinée fut déclarée colonie indépendante sous le gouverneur BALLAY.

Le 1er janvier 1890, l’île de Tombo fut choisie comme résidence du gouverneur. En 1893 Conakry passait pour la plus belle ville de la côte occidentale. En 1895, elle n’avait plus rien à envier aux villes poétiques de l’archipel MALAIS.

Les principales autres villes de la colonie étaient : Kankan sur le fleuve Milo ( 12000 hbts), Boké sur le Rio-Nunez, Kindia, Mamou, Kouroussa qui d’ailleurs, sera très célèbre à cause de sa grande gare de chemin de fer toujours animée ; Labé au cœur du Fouta-Djalon et Faranah sur le fleuve Niger. Ce développement rapide de la colonie fut malheureusement stoppé par la grande guerre de 1914-1918. Pour mémoire, la Guinée avait fournit 42000 tirailleurs à l’armée coloniale. C’est aussi la période sombre où elle ne pouvait faire autrement qu’accomplir ses obligations en tant que sujet.

Sur le plan de l’organisation sociale, la Guinée bénéficiait naturellement d’un atout exceptionnel : les groupes ethniques qui la constitue ayant pratiquement tous la même base coutumière sur toute l’étendue du territoire. Elle est essentiellement patriarcale. La famille est étroitement groupée autour de son chef dont l’autorité n’est en principe jamais contestée.

La Guinée économique :

Le développement économique de la Guinée est essentiellement et fondamentalement tributaire de son agriculture et de ses moyens de communications. Le commerce était représenté par des puissantes compagnies ou sociétés possédant des comptoirs ou des succursales dont les sièges se trouvaient soit sur le territoire anglais, soit portugais ou français. Elles faisaient de l’import-export. (Périssac, Bata, Unicommer, Chavanel, Michelin, Perterson Zochoni etc.). Viennent ensuite quelques commerçants isolés dont le siège était généralement à Conakry : ils étaient souvent d’origine libanaise ou syrienne (Naja et frère, Foufounis et frère, Jabre et frère, Kali et Fakouri, Assad et fils etc.)

Des petites et moyennes entreprises tel que : Constantin, Dufour hugon, Economou et persécos etc.

Très tôt, l’exploitation du caoutchouc a pris des proportions considérables. En 1900 la Guinée a exportée 1T 464 Kg et en 1912 elle atteignait 20T 040 Kg. Un office guinéen du caoutchouc fut créé par un arrêté local du 28 septembre 1916.

Les oléifères étaient représentées par le palmier à huile.

En 1899, les exportations de bœufs et de la peau de bœufs avaient dépassées un chiffre d’affaire de plus d’1million de francs.

En 1912 la Guinée a exportée 6 T 313 kg de riz et en 1923 au premier trimestre, elle atteignait 32 tonnes.

L’or est très répandu en Guinée surtout dans la région de Siguiri.

En 1917 la Guinée a exportée 19 T de banane et 2 T d’Ananas et en 1922 elle atteignait 67 T de banane et 33 T d’Ananas.

Le café se portait très bien en terre guinéenne.

La construction du chemin de fer commença le 1er juillet 1900. Les travaux du tronçon Conakry-Kindia (148 Km 500) étaient terminés le 1er juin 1904. Le rail est arrivé à Kouroussa le 14 septembre 1910 et la ligne fut inaugurée le 21 décembre par le gouverneur général PONTY et M. GUY lieutenant gouverneur de la Guinée à cette époque. Les 74 Km séparant Kouroussa et Kankan furent très rapidement réalisés. La mise à exploitation de toute la ligne Conakry – Kankan, commença le 31 janvier 1914. Au même moment, le transport routier n’était pas en reste. La première route construite fut de 10 Km. Elle reliait la petite plage et Ratoma.

Il n’existait qu’un grand port en Guinée, c’est celui de Conakry suivit du port Victoria à l’embouchure du Rio-Nunez.

L’enseignement colonial :

Les premières écoles construite par le colonisateur ont vu le jour en 1896 ; elles étaient au nombre de trois : une à Sobane, une à Taboria et la troisième à Bramaya. En 1902, deux nouvelles écoles dites d’enseignement maternel furent créées dont l’une à Boké le 12 mars et l’autre à Conakry le 30 avril. Le premier instituteur de carrière nommé en Guinée fut M. Car telles. Il fut chargé le 8 janvier 1903 d’ouvrir une nouvelle école. A la même année, M. Coutu a ouvert la première école professionnelle de la Guinée à Timbo. De 1903 à 1904

9 nouvelles écoles vont voir le jour à Conakry, Boké, Kindia, Timbo, Labé, Faranah, Kouroussa, Kankan et Siguiri réunissant un total de 500 élèves. Cette progression aussi fut stoppée par la guerre.

Santé publique :

En 1923 le personnel médical Guinéen comptait :

11 médecins blancs, 1 pharmacien, 8 médecins auxiliaires ou aides médecins, 4 infirmiers blancs, 98 infirmiers autochtones et 3 sages femmes d’origine guinéenne pour 9 postes médicaux. En 1923 un dispensaire a été créé dans le Fouta-Djalon, loin du centre européen de Dalaba. L’Hôpital BALLAY construit à Conakry fut l’un des meilleurs centres santé sur toute la côte occidentale. En 1922, il avait enregistré la naissance de 46 bébés blancs et de 126 bébés noirs dans les locaux réservés aux indigènes. En 1924 le budget alloué à la santé publique représentait 10% du budget global de la colonie.

Tourisme :

De tous temps, la Guinée française a été considérée comme la perle des colonies africaines. Cette réputation tient autant de son climat privilégié qu’à l’aspect innombrable de ses beautés naturelles.

Les monts du Foutah-Djallon apparaissent incessamment sous des jours nouveaux et variés.

Il faut traverser la Guinée avec n’importe quel moyen de locomotion pour découvrir ce pays dans toute sa splendeur. Des montagnes aux épaisses forêts, des savanes arbustives verdoyantes, des grandes cascades entrecoupées de rivières, de fleuves et de marigots ou des vallées pittoresques. Des plaines à perte de vue. Il faut grimper les côtes escarpées des terrasses impressionnantes et vives. Des fleuves impétueux regorgés de poissons. Des lieux de chasse qui abondent de gibiers, voilà la Guinée qu’il ne fut pas exagéré d’appeler aussi la Suisse africaine. Allez y voir les chutes de Samou ou de Kaleta ou encore de Kiniya et Kora sur le Konkouré ou de Dittin au Fouta-Djalon. Allez y voir les rapides de Badi ; allez visiter la chute de Gaoual sur la Koumba.

En traversant la Guinée, le touriste se rendra compte qu’il a affaire à des femmes et des hommes souriants accueillants, respectueux mais fiers et assoiffés de liberté.

Conclusions :

Après 60 ans de colonisation, la Guinée fut indépendante le 28 septembre 1958 et cette indépendance fut proclamée le 2 octobre de la même année.

Nous sommes le 7 décembre 2008 ; cinquante ans après cette indépendance que nous fêtons aujourd’hui avec fierté, il faut admettre que notre économie peine à faire son décollage.

Je ne suis pas entrain de faire ici l’apologie de la colonisation ni venter ses progrès. Elle reste à mes yeux une barbarie et un crime contre l’humanité. Mais, force est de reconnaître que malgré les deux guerres qui ont bousculer négativement le destin des colonies, le colonisateur a laissé à la Guinée en tout cas, une feuille de route qui aurait pu constituer l’ébauche d’un développement qu’il fallait simplement poursuivre désormais dans l’intérêt supérieur des filles et fils de ce pays.

Enfin, comme l’avait fait Marc AURELE empereur romain ( 161-180 ) je demande aussi à Dieu que la Force soit donné aux guinéens de supporter tout ce qui ne peut pas être changer, Le Courage de changer ce qui peut l’être et la Sagesse de ne pas confondre l’un et l’autre.

Vive la Guinée et que reposent en paix tous ceux qui ont donné une part essentielle de leur vie pour l’honneur et la prospérité de ce pays.


Moussa KANTE

Diplômé en Education spécialisé pour l’enfance inadaptée

Diplômé de l’Ecole normale supérieure d’agronomie de Toulouse


[1]Les habitants de la Dieppe situé dans le département de la seine Maritime


Moussa KANTÉ

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Derniers commentaires (1)


merci

Je très content de votre article et merci

Posté le 29/04/2014 à 20:26 : Par baboutoure


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